Bien archiver, la réponse au désordre numérique

C’est le titre du MOOC proposé sur FUN (France Université Numérique) par le CR2PA, club de l’archivage managérial, et l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense.

La première édition de ce MOOC s’est déroulée au début de l’année 2015 et a connu un grand succès. La seconde session commence le 2 novembre avec la semaine de lancement et les cours démarreront le 9 novembre. Pour en savoir plus : https://www.france-universite-numerique-mooc.fr/courses/Paris10/10003S02/session02/about

MOOC Bien archiver-photo page inscription Session 2_bdJe voudrais revenir sur quelques mots pour souligner l’intérêt de ce MOOC.

Désordre numérique

Le désordre numérique, ou tsunami numérique, qualifie le monde de l’information tel qu’il s’est façonné depuis une vingtaine d’années, depuis que les technologies numériques se sont développées dans tous les secteurs de la vie professionnelle, administrative, personnelle, depuis que la coexistence des supports papier et des supports a favorisé une confusion sans précédent dans la valeur et la portée des écrits, depuis que les réseaux sociaux ont accéléré les échanges et décuplé leur impact.

Archiver

L’utilisation de ce verbe du premier groupe n’est pas si ancienne ; pendant des siècles, on a dit « classer aux archives », mais il s’agit du même geste : mettre des documents qui ont une certaine valeur pour soi, pour le futur, pour la preuve ou pour la mémoire des faits, dans un lieu ou un système capable de le conserver de le gérer pendant la durée de cette conservation.

C’est un geste humain, lié à la valeur du document que l’on archive, même si la procédure technique de transfert, notamment dans l’environnement électronique, peut être déléguée à un outil, via la conception de l’outil ou grâce à son paramétrage.

Bien

Comme pour beaucoup d’actions humaines (conduire, faire la cuisine, tricoter, jardiner…), il y a plusieurs façons d’archiver : vite ou lentement, avec crainte ou avec insouciance, bien ou mal, etc. Que veut dire bien ou mal archiver ? Disons que mal archiver serait archiver sans pertinence et sans profit. Ce sera le cas si les documents transférés dans le système ne sont pas ceux dont on aura besoin demain, parce qu’on a oublier de les transférer, ou parce que ces documents n’ont jamais été créés et qu’on ne peut pas archiver ce qui n’existe pas. Mal archiver, c’est aussi ne pas qualifier suffisamment les documents archivés, leur provenance, leur contenu, leur statut, leurs caractéristiques de forme et d’accès, de sorte que l’on sera incapable de les retrouver ou de s’en servir efficacement. Mal archiver, c’est encore ne pas anticiper la détérioration du support sous l’effet du temps ou l’obsolescence du format et, donc, ne pas prendre les mesures préventives, voire curatives, qui s’imposent. Mal archiver, enfin, c’est effectuer à tort et à travers des dépenses pour l’archivage et la conservation (sur les deniers publics ou non), sans évaluer le retour sur investissement.

Bien archiver, c’est l’inverse.

MOOC

Les cours en ligne sur une plateforme gratuite (Massive Open On line Courses) sont une nouveauté permise par la technologie des réseaux et conçue pour démocratiser le savoir. Le MOOC est une forme d’enseignement avec des caractéristiques particulières qui constituent des exigences fortes :

  • en ligne (on line) : on n’a pas le droit de se tromper, on ne peut se reprendre comme on le fait dans une salle de classe ;
  • gratuit (open) : le fait que le MOOC soit gratuit pour les apprenants ne doit pas s’interpréter comme pouvant être un cours au rabais, bien au contraire ; il y a bien sûr cette idée largement répandue que ce qui est gratuit est de mauvaise qualité mais c’est justement le défi du MOOC, l’enjeu de sa crédibilité, d’être gratuit et de bonne qualité ;
    • tout public (massive) : toute personne peut s’inscrire sans critère d’âge, de diplôme ni de pays de résidence ; la langue seule sera un frein éventuel ; de fait, les milliers de personnes intéressées par la thématique du MOOC forme un public très hétérogène, à maints points de vue, ce dont l’équipe pédagogique doit tenir compte en veillant à la progressivité du cours et en portant une attention particulière aux mots utilisés, afin qu’ils soient précis et clairs ;
    • cours : le MOOC est un cours et non des contenus en ligne ; il a un début et une fin. Le MOOC « Bien archiver : la réponse au désordre numérique » commence le 9 novembre.