De la bonne utilisation du verbe archiver : merci à Viadeo, Gaz de France Dolce Vita, Bouygues Telecom et quelques autres

Publié par Marie-Anne Chabin, 2 février 2014

Je prends souvent ma plume pour dénoncer des choses qui ne vont pas dans le monde des archives et de l’archivage ou pour alerter la profession sur des incohérences dans la réglementation ou les pratiques, mais aujourd’hui je veux rendre hommage à plusieurs entreprises françaises qui, dans leur discours, redonne au verbe archiver le sens qu’il n’aurait jamais dû perdre, celui de « classer aux archives » dans l’expression d’antan, soit aujourd’hui le sens de placer un document achevé et définitif, engageant vis-à-vis d’une personne ou d’un objectif ultérieur, dans un lieu ou un système sécurisé avec une règle de conservation (ce dernier point est largement perfectible dans les exemples ci-dessous mais les choses vont dans la bonne direction).

Alors, merci à Viadeo qui archive les traces des contacts, en reliant, ce qui doit être souligné car c’est fondamental, les deux actions que sont l’archivage et la validation, le premier faisant suite à la seconde (« demande acceptée et archivée ») :

Taq-archiver-viadeoMerci à Gaz de France Dolce Vita qui archive les factures en ligne et les tient à disposition des clients :

Taq-archiver-GdF Dolce VitaMerci à Bouygues Telecom qui, s’il n’archive pas en ligne, vous suggère d’archiver vous-même sur votre ordinateur – il faut toujours faire faire pas les autres ce qu’on ne veut pas faire soi-même ;-):

Taq-archiver-bytel L’ordinateur lambda n’est pas un lieu sécurisé et pérenne pour l’archivage mais c’est quand même bien d’amorcer la question de la conservation pour chacun de ses justificatifs de dépense. Le site parle aussi de sauvegarde ; certes, il ne faut pas confondre archivage et sauvegarde, mais il ne fait aucun doute que les documents que l’on a archivés doivent aussi être sauvegardés.

Le site amazon.fr, quant à lui, utilise non pas le verbe archiver mais le substantif archives, avec toutefois la même signification : garder sciemment une trace de ses engagements, pour servir, le cas échéant, de preuve voire de mémoire, pendant une durée que les sites en général ne précisent pas, mais les durées de conservation sont un autre sujet.

Taq-archiver-amazonÀ noter que « imprimer » signifie de plus en plus « imprimer en PDF », ce qui mériterait d’être explicité, pour éviter d’inciter à consommer inutilement des ramettes de papier ou à occuper inutilement des étagères d’armoire. La question de la conservation doit être résolue par un système électronique sécurisé ; l’impression papier systématique n’est certainement pas la bonne réponse mais si ce peut être, temporairement, une solution d’attente.

Cet usage pertinent du verbe archiver sur les sites d’entreprise de service et de commerce me redonne un certain espoir archivistique. C’est quand même autre chose que le tampon ringard « Archives » que l’on trouve encore sur certains sites pour dire que l’information date est n’est sans doute plus fiable.

Taq-archives-service publicArchiver est un geste précis, signifiant, engageant. Les archives sont l’ensemble des documents qui ont été archivés.

Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, confus, contorsionné, complexé, contourné, con…?