Interrogation sur les archives essentielles

Sur ce débat qui a animé la communauté archivistique en novembre-décembre, je me suis déjà exprimée en soulignant la confusion sur la notion, voir Embrouille.
Une autre question m’est venue en lisant, ou plutôt en regardant certains billets ou certaines pages web. Plus précisément, trois illustrations ont accroché mon regard :

La notion même d’essence ou d’essentialité est bien sûr difficile à illustrer mais les archives, tout de même, on peut les montrer, et pas que les anciennes. Alors pourquoi ces livres de bibliothèque, ces tiroirs en bois avec leurs fiches bristol de catalogage, ces poteries ?

S’il y a un message, ma foi, je ne le perçois pas.

Que les banques d’images soient pauvres en images d’archives (entendez images qui montrent des archives), je le conçois mais justement il y aurait là une action de promotion à mener (et pas que des parchemins, SVP).

N’est-ce pas un comble de tant parler d’archives et de n’en point montrer ?

 

 


6 réflexions au sujet de « Interrogation sur les archives essentielles »

  1. Pour parler du privé, domaine que je connais bien, les archives (ou plutôt les locaux d’archives) sont un terme assez obscur pour des utilisateurs qui en produisent (quel pourcentage d’entre eux connaissent les lieux ou sont archivés leurs documents)
    Alors pour un néophyte je vous laisse imaginer sa représentation des locaux d’archives
    Dans la tête des services producteurs d’archives, les archives c’est poussiéreux, plein de toiles d’araignées, voire des souris ou des rats (déjà entendu) au sous-sol, ou dans les caves
    Je vous laisse imaginer la tête des gens lorsqu’on les invite à visiter les archives, c’est tout juste, pour ceux qui acceptent l’invitation, s’ils n’arrivent pas avec une lampe frontale et un bleu de travail !!!
    Effectivement il y a un gros travail de communication pour faire connaitre les archives d’aujourd’hui, dans tous les cas ce n’est pas ces images cliché qui pourront rajeunir la vision actuelle de notre profession

    • Merci de votre témoignage. Il y a plusieurs niveaux de communication : d’une part sur les locaux de conservation (et aussi pour le numérique), d’autre part sur les documents eux-mêmes, ces documents qui valent d’être archivés.

  2. Les banques d’image doivent sûrement contenir autant de photos de rayonnages avec des boîtes ou des cartons que de photos de rayonnages avec des livres. Et si d’aventure elles en manquaient, quiconque est un peu curieux et débrouillard peut trouver dans Wikimedia Commons plein de photos libres de droit prises dans les archives de nombreux pays et les représentant de manière pertinente : il n’y a qu’à se servir ! Mais je crois plutôt que ces illustrations absurdes reflètent l’incompréhension totale du sujet « archives » dans les médias, à la fois chez les journalistes au sens strict et chez les secrétaires de rédaction et webmestres qui choisissent les images. Tout ça étant parfaitement en phase avec la déferlante d’inepties qu’a suscitée le débat sur les « essentielles ».

    • Tout à fait d’accord avec ton analyse.
      Cet étalage d’illustrations d’archives qui n’en sont pas lance toutefois le défi d’illustrer la problématique des archives aujourd’hui (quel que soit le support) autrement qu’en montrant des stocks, ce qui limite, de fait, le sujet à un problème logistique. Un gros plan sur un parchemin n’est guère mieux. Un vrai sujet.

      • peut-être un roll plein de carton sur le hayon d’un semi-remorque près d’un quai de déchargement ? dans ce cas, d’ailleurs, il faudrait une vidéo plutôt qu’une image fixe, histoire de montrer qu’il y a mouvement

        • L’aspect logistique me gêne toujours car il déforme la perception. La masse est une composante « essentielle » des archives mais montrer le volume est insuffisant. En revanche, ton idée de mouvement et donc de vidéo me semble la bonne voie. À suivre.

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